Quand peut-on changer d'assurance emprunteur ? À tout moment. C'est la loi Lemoine, entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2022, qui a changé la donne : chaque emprunteur immobilier peut résilier son assurance de prêt sans attendre la date anniversaire, et sans frais. En 2026, de nouveaux engagements de place renforcent en plus la continuité de couverture lors d'un changement d'assureur. De quoi faire jouer la concurrence, réduire le coût de son assurance et ajuster sa couverture à sa situation.
À quel moment peut-on changer d'assurance emprunteur ?
Depuis 2022, la règle est claire : vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment pendant la durée du prêt. Il n’y a plus de délai d’un an à respecter ni de fenêtre limitée autour de la date anniversaire. Cette résiliation infra-annuelle s’applique à tous les contrats en cours, y compris les anciens prêts signés avant 2022.
En pratique, cela signifie que vous pouvez agir dès que vous trouvez une offre plus adaptée ou moins chère, même si votre crédit a 10 ans ou plus. La seule contrainte réelle n’est pas temporelle, mais technique : le nouveau contrat doit présenter des garanties équivalentes à celles exigées par votre banque.
À noter : La loi Lemoine a également réduit à 5 ans le délai du droit à l'oubli pour certaines personnes ayant été atteintes d'un cancer ou d'une hépatite virale C, sous réserve de respecter les conditions prévues par la convention AERAS. Cela élargit les possibilités de changement pour les profils ayant eu des soucis de santé.
Pourquoi changer d'assurance de prêt immobilier en cours de contrat ?
Changer d’assurance en cours de route permet avant tout de réduire le coût total de votre crédit. Sur un prêt immobilier de longue durée, l’assurance emprunteur peut représenter une part significative du coût global. En faisant jouer la concurrence, les économies peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, sans modifier le taux d’intérêt ni les conditions de remboursement du prêt.
Autre motif fréquent : améliorer la couverture. Votre situation a évolué (changement de profession, arrivée d’enfants, achat d’un bien locatif) et vous souhaitez ajuster les garanties (invalidité, incapacité de travail et, lorsqu'elle est souscrite, perte d'emploi, etc.). Certains contrats anciens sont aussi mal adaptés aux nouveaux standards, avec des exclusions médicales trop larges ou des plafonds de garantie insuffisants.

Enfin, la digitalisation a simplifié l’accès à des offres compétitives. Des solutions comme Assurly, assurance emprunteur en ligne, permettent d’obtenir un devis, souscrire et gérer son contrat entièrement à distance, avec un accompagnement dédié pour la mise en équivalence avec votre prêt :
https://www.assurly.com/assurer-mon-pret-immobilier/
L'équivalence des garanties : la condition indispensable au changement
La banque ne peut refuser la substitution que si le nouveau contrat ne respecte pas les critères d’équivalence des garanties exigés pour le prêt. Votre nouveau contrat doit notamment présenter un niveau de couverture comparable concernant les plafonds d’indemnisation, les franchises, les exclusions et les modalités de prise en charge prévues par la banque.
Les éléments clés à vérifier sont :
- Capital assuré : le montant garanti en cas de décès ou d’invalidité doit être au moins égal à celui exigé par la banque.
- Taux d’invalidité : vérifiez les seuils de reconnaissance et le mode d’évaluation prévus par le nouveau contrat, en les comparant aux critères exigés par la banque.
- Durée de couverture : la prise en charge doit aller au moins jusqu’à la fin du prêt, sans interruption.
- Exclusions : aucune nouvelle exclusion (maladies préexistantes, pratiques sportives, etc.) ne doit réduire la couverture par rapport au contrat initial.
Pour vous aider à comparer les offres, la banque vous remet notamment une fiche standardisée d’information, qui présente les principales caractéristiques de l’assurance emprunteur. Pour connaître précisément les garanties et critères exigés pour votre prêt, reportez-vous à la fiche personnalisée remise par la banque. C’est sur cette base que vous pouvez comparer le nouveau contrat avec les exigences de votre prêteur.
En cas de doute, vous pouvez demander à votre nouvel assureur un document d’équivalence précisant que les garanties proposées répondent aux exigences de votre banque.
L'équivalence des garanties ne se limite pas au montant assuré : elle porte sur plusieurs caractéristiques du contrat, notamment les seuils d'invalidité, les exclusions, les franchises, la durée d'indemnisation et les modalités de prise en charge.
En 2026, l'avis du CCSF prévoit notamment des seuils de référence harmonisés de 66 % pour l'invalidité permanente totale (IPT) et de 33 % pour l'invalidité permanente partielle (IPP). Ces repères ne remplacent toutefois pas les critères exigés par votre banque : c'est bien la comparaison avec la fiche personnalisée de votre prêt qui permet d'apprécier l'équivalence des garanties.
| Critère d'équivalence | Ce qu'il faut vérifier | Repère 2026 du CCSF |
|---|---|---|
| Décès | Montant et étendue de la couverture | Conforme aux exigences de la banque |
| PTIA | Définition et conditions de prise en charge | Conforme aux critères exigés |
| IPT | Seuil et mode d'évaluation de l'invalidité | 66 % seuil de référence CCSF |
| IPP | Seuil d'intervention et mode d'évaluation | 33 % seuil de référence CCSF |
| ITT | Franchise, durée et modalités d'indemnisation | À comparer aux critères de la banque |
| Exclusions | Maladies, activités ou situations exclues | Vérifier leur impact sur la couverture |
| Durée de couverture | Âge limite et durée d'indemnisation | Conforme aux exigences du prêteur |
| Indemnisation | Mode forfaitaire ou indemnitaire, plafonds et durée | À comparer avec le contrat exigé |
Quelles sont les démarches pour changer d'assurance emprunteur ?
La procédure peut être réalisée en ligne lorsque la banque et le nouvel assureur proposent ces services :
- Obtenir un devis : renseignez les caractéristiques de votre prêt (capital restant, durée, âge, garanties actuelles) pour recevoir des propositions adaptées.
- Vérifier l’équivalence : comparez les garanties du nouveau contrat avec la fiche de votre banque. Assurez-vous que les seuils d’intervention, franchises, plafonds et modalités de prise en charge respectent les critères exigés par la banque.
- Souscrire le nouveau contrat : une fois l’offre choisie, signez le contrat et payez la première cotisation. Vous recevrez une attestation d’adhésion.
- Demander la substitution : transmettez à votre banque votre demande de substitution, accompagnée de l’attestation du nouvel assureur et des documents nécessaires au nouveau contrat, par courrier recommandé avec accusé de réception ou via son espace client lorsqu’elle le permet.
Conseil : anticipez la continuité de la couverture. Coordonnez la date de prise d’effet du nouveau contrat avec la résiliation de l’ancien pour éviter tout trou de garantie, surtout si vous êtes en période de soins ou d’arrêt maladie.
Délais, frais et réponse de la banque : ce qu'il faut savoir
La loi encadre strictement les délais et les coûts :
- Délai de réponse : la banque dispose de 10 jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution pour notifier sa décision, sous réserve des conditions prévues par la réglementation.
- Motivation du refus : si la banque refuse, elle doit le faire par écrit et justifier son refus par un défaut d’équivalence des garanties. Un refus non motivé ou abusif peut être contesté.
- Frais de changement : la banque ne peut pas vous facturer de frais pour la substitution de l’assurance emprunteur ni pour l’émission de l’avenant.
- Prélèvements : vérifiez que les cotisations de l’ancien contrat cessent bien à la date effective de la substitution. En cas de prélèvement effectué après cette date, rapprochez-vous de l’assureur concerné pour demander le remboursement des cotisations versées après la date d’effet du nouveau contrat.
En 2026, le CCSF a adopté un avis prévoyant de nouveaux engagements de place pour éviter les ruptures de couverture lors d'une substitution. En cas de sinistre déclaré avant le changement, l'assureur d'origine garde la charge de ce sinistre et de ses suites immédiates. Si une rechute survient après la prise d'effet du nouveau contrat, c'est le nouvel assureur qui la prend en charge, dans le cadre de ces engagements. De quoi limiter les risques de rupture de couverture en cas de problème de santé.
Pour estimer vos économies ou vérifier l'équivalence de votre situation, un devis personnalisé reste la façon la plus simple de démarrer.